Etape 1 : Top départ sous un soleil magnifique

Etape 1

Le 12 mars 2022 de Pessac à Soussan

Un soleil magnifique, des températures d’une agréable douceur et le printemps prêt à éclore : que pourrions-nous rêver de plus pour ce début d'aventure à vélo ?

La matinée a commencé par les derniers préparatifs : Les dernières vis ont été rapidement serrées, les noix emballées et les gourdes plus ou moins bien attachées aux vélos. Malgré tous nos efforts, nous avons dû renoncer à l'objectif de respecter l'heure de départ prévue de 11 heures. Nous déclarions comme nouvel objectif de ne faire attendre le journaliste du Sud-Ouest (journal régional) que nous devions rencontrer dans la forêt du Bourgailh (Pessac) seulement du quart d'heure académique. Cette fois, notre objectif a été couronné de succès !

Cette première interview nous a permis de bien nous rappeler nos motivations ainsi que nos objectifs personnels pour le projet, mais aussi du rôle que chacun.e d’entre nous avait à y jouer.
Notre petite équipe en train de répondre aux questions du journaliste du Sud-Ouest devant le belvédère du Bourgailh, Pessac.
© Laureen Vinçonneau
En chemin pour la rencontre avec le journaliste, quelqu’un s’étonait que les premiers kilomètres s'étaient déroulés si bien et sans aucun soucis. Ceci ne dura cependant pas longtemps : après avoir réalisé l’interview avec succès, les règles de la mécanique nous ont mis des bâtons dans les roues. Il se trouve que les plaquettes de frein d'un de nos vélos se sont tellement déréglés en l’espace d’un temps record, qu’il était devenu impossible de le pousser ne serait-ce que d’un seul mètre. Heureusement, il a suffit de quelques tours de tournevis habiles, et le tour était joué ! Nous pouvions reprendre la route.
Catherine : "Hmm... Pourquoi ça marche pas ?...
...Voyons voir... On va essayer de tourner ça comme ça...

© Laureen Vinçonneau
...Trop bien, ça marche !" 😀
Sur les premiers "vrais" kilomètres, il n'y avait en fait qu'une chose à dire sur le thème de la biodiversité : elle y était clairement absente. Notre chemin nous a en effet menés à travers la métropole bordelaise, où toutes sortes de projets de construction et de défrichage avaient détruit la nature. Nous avons alors pris conscience que dans le cadre de ce reportage, nous ne serions pas uniquement confrontés à la beauté de la nature, mais aussi à la désolation qui va de pair avec sa destruction.
Nous sommes finalement arrivés dans la petite ville de St. Aubin du Médoc, où nous avons trouvé un endroit bien sympa pour pique-niquer à côté de l’église. La nouvelle annoncée par Yannick, selon laquelle les kiwis se mangent de la même manière que les pommes, à savoir en croquant simplement dedans (et oui, sans l’éplucher), a fait sensation.

Cela nous a fait partir dans des délires, à imaginer comment on réagirait si la personne en face de nous sortait soudain un kiwi et mordait dedans sans rien dire. Serait-ce les prémices d’une idée de flashmob ? Le brocoli cru pourrait également y jouer un rôle non négligeable...
Eglise de Saint Aubin du Médoc
© Laureen Vinçonneau
Après le déjeuner, nous sommes passés par un autre endroit qui nous a fait nous questionner : une énorme route était en train d’être construite au beau milieu de la forêt dans laquelle notre vaillant guide Charles nous avait conduits. C’est ce qu’on appelle fragmentation et il s'agit d'une des principales causes de la perte de biodiversité.
Une forêt coupée en deux par une route, proche de Bordeaux :
C'est la fragmentation des habitats, une des causes principales de l'érosion de la biodiversité.
© Catherine Bogs
Petit étang sauvage
© Laureen Vinçonneau
Après ce moment de désolation, le chemin nous a mené de plus en plus profondément dans la Nature et sa beauté. À tel point que nous avons même dû descendre de nos vélos et nous frayer un chemin à travers des taillis. Nous sommes tombés sur un petit étang sauvage magnifique et avons dégusté la délicieuse ciboulette sauvage. Après ce voyage au coeur de la Nature, nous avons toutefois repris une route de campagne.
Après quelques temps, nous avons vu que nous ne serions pas traités avec la même bienveillance dans ce nouvel environnement qu'auparavant par la nature. En effet, Catherine et Charles avaient osé rouler côte à côte sur une route de campagne quasiment pas fréquentée et limitée à 50. Ceci a contraint le seul automobiliste que nous ayons croisés pendant de long kilomètres, d'attendre que la circulation en sens inverse – inexistante – s'arrête, pour nous dépasser. Cela l’a énervé au point qu'il a jugé nécessaire de s'arrêter un peu plus loin – en plein milieu de la route, évidemment – pour nous manifester, d’une manière quelque peu hystérique, son mécontentement. Nous saluons les efforts qui ont été réalisé pour développer le réseau cyclable ces dernières années en France, mais ne pouvons qu’encourager fortement son développement rapide – pour la sécurité et des trajets plus agréables pour tous...
Mais, suite à cet incident pas des plus agréables, nous avons de nouveau été confronté à la gentillesse des gens. Ainsi, alors que nous essayions de trouver notre chemin d'un air apparemment très désemparé, un jeune garçon nous a demandé si nous cherchions quelque chose. Après que nous ayons répondu par l'affirmative et précisé que nous voulions aller à Soussan, il nous a fait savoir, d'une manière incroyablement sarcastique pour un garçon âgé d'environ 10 ans, que nous étions déjà à Soussan. Marie, qui nous a hébergés la première nuit, a elle aussi été incroyablement accueillante. Dès notre arrivée dans sa maison chaleureuse, je me suis senti dans l'ambiance idéale pour écrire ce premier article.
Yannick en train d'écrire cet article de blog
Pâquerette du jardin
© Catherine Bogs
Tente dans le jardin de chez Marie et ses propriétaires
© Laureen Vinçonneau
À la fin de cette journée, nous gardons en mémoire deux impressions très contrastées. D'une part, les gens sympathiques et la beauté de la nature. D'autre part, les images de la destruction de cette même nature. En métropole bordelaise et à sa périphérie, cela se construit beaucoup.

Est-il vraiment nécessaire de construire, entre autres, des routes uniquement pour nous faire économiser 5 petites minutes pour un trajet pour lequel... il existe déjà des routes ?

Des souvenirs de « Le Guide du voyageur galactique » s’impose à moi... Est-ce vraiment nécessaire ?
Version originale en allemand : écrit par Yannick, relu par Katharina et Catherine

Traduction en version française par Catherine

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