Etape 2 : Des défis du matin jusqu’au soir

Etape 2

Le 13 mars 2022 de Soussan à Saint-Thomas-De-Conac

Alors que le premier jour s'était déroulé presque sans encombre, le deuxième jour allait nous mettre au défi.

C’est ce que nous avons compris dès que nos réveils nous ont tirés de notre sommeil bien mérité à 6h30 : il pleuvait, et pas qu'un peu. Attendre un temps plus clément n'était pas une option : et oui, 60 kilomètres supplémentaires nous attendaient. Et puis nous devions atteindre Lamarque avant 9 heures pour y prendre le ferry pour Blaye.

Après un petit-déjeuner agréable avec Marie, nous nous sommes mis en route. Fatalement, nous avons décidé de "raccourcir" le chemin et de suivre l'itinéraire proposé par l'algorithme de Google.

Google a bien sûr compris que nous étions de véritables aventuriers et a donc choisi pour nous l'itinéraire présentant le plus d'obstacles, un itinéraire qui aurait pu convenir à une compétition d'Iron Man. L'objectif d'atteindre le ferry à 9 heures ne nous a cependant pas laissé d'autre choix que séparer les termes "propre" et "vêtements" dans deux dimensions totalement opposées et de patauger dans la boue matinale.
Quel beau chemin bien boueux ! Rien à faire, il faut pousser les vélos. Entre Soussan et Lamarque.
© Catherine Bogs
De manière surprenante, nous avons réussi à atteindre le ferry à l'heure malgré cette première difficulté. Pendant la traversée, nous avons eu l'occasion de goûter pour la première fois aux barres énergétiques que Charles nous avait tant vantées au préalable. Nous avons également laissé libre cours à notre créativité pour réaliser quelques photos, que nous qualifierons, disons, d'artistiques.
© Catherine Bogs
Nos vélos apprécient la traversée.
© Laureen Vinçonneau
Le ferry en rose
Après 20 minutes, nous avons accosté à Blaye. Comme nous étions encore bien mouillés et frigorifiés, nous rêvions d'un endroit où nous pourrions nous réchauffer un peu et prendre une petite collation. Cet endroit, qui s'est ouvert devant nous comme la Salle sur Demande, était un petit supermarché local. Lorsque nous avons demandé un endroit chaud où nous pourrions faire une petite pause, la vendeuse n’a pas hésité une seconde. Elle nous fit savoir que son magasin était tout à fait envisageable comme tel. Une « table » a donc été rapidement libérée et nous avons pu grignoter les baguettes achetées à la boulangerie locale en plein milieu du supermarché.

Des clients entraient et sortaient de temps à autres, tous en bons termes avec la vendeuse. Ils ne se sont pas laissés déconcerter par l'image étrange de ces quatre cyclistes détrempés qui mangeaient béatement leurs sandwichs au milieu du magasin et nous ont salués aimablement.

Quel meilleur endroit qu'un supermarché pour pique-niquer ?
La suite du chemin nous a également fait traverser des champs, notamment de vignes. Catherine a remarqué quelque chose en passant qui l'a poussée à s'arrêter et nous a invités à observer de plus près notre environnement immédiat.

Que voyons-nous ici ? Quelles plantes poussent là ? Comment sont-elles disposées ? Quelles couleurs y a-t-il et où sont-elles ? Que peut-on en déduire ?
Que voyons-nous dans ce champs de vignes ?
© Laureen Vinçonneau
Peu de temps plus tard, nous avons découvert sous un préau d'une petite commune un couple avec deux vélos bien chargés à leurs côtés. Nous nous sommes salués d’un grand bonjour, présentés, avons échangé nos itinéraires et refaits le monde. Jacques et Madeleine étaient un couple de retraités robustes, qui effectuaient un voyage d'une semaine en Gironde, ce qui était plutôt court selon eux. Quelques mois auraient été plus à leur goût, mais en raison de la situation mondiale actuelle, ils avaient reconsidéré leur destination initiale, la Pologne.

Le hasard a voulu nous donner la confirmation par cette rencontre que l'utilisation de pesticides n'était effectivement pas recommandée, même pour les humains. Jacques nous a raconté qu'il avait travaillé de nombreuses années comme technicien en pesticides – soit dit en passant, sans que nous abordions nous-mêmes le sujet. Il était donc l'un de ceux qui pulvérisent les pesticides dans les champs. Oui, aujourd'hui, on utilise certes un peu moins de pesticides qu'il y a quelques décennies. Mais depuis des années, il est totalement contre : c'est du poison ! Pour la nature et pour les Hommes ! Tant de ses collègues sont morts aux suites de son utilisation...
Yannick réparant son pneu crevé devant la centrale du Blayais (à gauche de la route)
© Laureen Vinçonneau
Le dernier tronçon de notre étape nous a fait passer devant la Centrale du Blayais. C'est pile à cet endroit que nous devions tomber en panne pour la première fois. Nous avons donc été amenés à faire un sitting, ou plutôt, comme on peut le constater sans effort, réparer un pneu. Nous avons finalement pu reprendre la route après cette pause quelques peu involontaire mais tout de même reposante.
Le soleil était sorti des nuages et le froid matinal était depuis longtemps oublié. Des discussions animées ont accompagné notre chemin et nous sommes finalement arrivés à l’estuaire à l'heure dorée. Il est difficile de saisir comment une journée de randonnée à vélo peut se dérouler de manière aussi variée.
Cabanes le long de l'estuaire de la Gironde
© Laureen Vinçonneau
Catherine prête à "manger" la sculpture au loin devant l'estuaire
© Charles des Pommare
C'est finalement avec une expression du pur effort sur le visage que nous avons parcouru les derniers mètres jusqu'à Saint-de-Thomas-de-Conac. Cette petite ville se trouvait en effet sur ce qui était probablement le point le plus élevé des environs. On a donc bien fait chauffer les molets pour la première fois depuis le départ, et gravi la montée de fin de journée avec succès.

Une aimable collaboratrice de la municipalité nous y a accueillis, car les habitants nous avaient gentillement proposé leur stade de football local comme hébergement. On nous a ouvert les cabines et allumé le radiateur – qui s’étaignait toutes les heures.

Nous avons également utilisé pour la première fois notre petit réchaud en récup’, que l’on présentera une autre fois. Après notre dîner dans les vestiaires, nous avons pu nous glisser dans nos sacs de couchage afin d'assimiler ce que nous avions vécu durant la journée et de reprendre des forces pour le lendemain.
Les vestiaires du stade de foot, notre abri pour la nuit
© Charles des Pommare
Version originale en allemand : écrit par Yannick, relu par Katharina et Catherine

Traduction en version française par Catherine

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