Etape 3 : Sous le vol des cigognes

Etape 3

Le 14 mars 2022 de Saint-Thomas-De-Conac à Mescher

La nuit se résumait en un seul mot : Froid ! Après le levé du soleil, une fois que les températures avaient de nouveau atteint des niveaux supportables, la légère réticence à se lever qu’on a tou.te.s déjà connu le matin, était tout de même accompagnée d’une excitation aux aventures que la journée nous promettait.
Charles qui sort timidement la tête de la tente : il fait froid !
© Laureen Vinçonneau
Un de nos vélos admire le paysage matinal
une fois la colline dévalée
© Laureen Vinçonneau
Une fois les vélos chargés, la première montée nous attendait. La chaleur qui nous manquait après cet effort a été apportée par le café et le thé que l'on nous a gentiment offerts lors de la restitution des clés à la mairie. La maire est même arrivée de manière inopinée. Peut-être voulait-elle examiner de plus près ces braves Don Quichotte qui avaient passé la nuit dans son stade de foot ? Après avoir fait la connaissance de tout ce qui avait de l’importance à Saint-Thomas-De-Conac, nous avons pu enfourcher nos vélos et repartir en direction du soleil levant.


Après avoir dévalé à toute vitesse la colline que nous avions gravie la veille, nous avons découvert un paysage où il y avait toutes sortes de choses à observer. Outre la beauté générale du paysage champêtre agrémenté de quelques petits ruisseaux, nous avons eu la chance de croiser des cigognes ! Par ailleurs, Catherine a attiré notre attention sur toutes sortes de plantes aux propriétés intéressantes, à côté desquelles nous serions certainement passés sans les remarquer sans une personne dotée de telles compétences.
Cigogne en vol
© Catherine Bogs
Gaillet : plante comestible délicieuse
© Laureen Vinçonneau​
Couple de cigognes dans leur nid
© Catherine Bogs​
Alors que la matinée se déroulait pour le mieux en ce qui concerne la biodiversité, un obstacle allait finalement se dresser devant nous. Cet obstacle s'appelait le Tire-Cul : une colline avec une pente de 18%. Notre navigateur de confiance, Charles, nous y a guidés avec précision… pour finalement nous annoncer d’un sourire géné un petit quart d’heure plus tard, qu’il s’était légèrement trompé. Dommage ! Nous aurions pu éviter à nos fesses cette épreuve du Tire-Cul.
L'équipe de choc après avoir monté une colline à 18% !
© Laureen Vinçonneau
La décision que nous ne pouvions pas laisser l'ascension de cette « montagne » sans récompense fut prise à l’unanimité. Nous allions donc la célébrer par un déjeuner avec une vue splendide sur l’estuaire de la Gironde.
Vue sur l'estuaire de notre place pour le pique-nique
© Laureen Vinçonneau
Et c'est ainsi que notre petit réchaud a été utilisée une nouvelle fois. Et maintenant nous allons vous révéler de quoi il s'agit : tout simplement de vieilles canettes. Elles ont été upcyclées sous la forme d'un petit récipient que l'on peut remplir d'alcool pour l’enflammer. L'avantage par rapport à un réchaud à gaz ordinaire, c’est d’une part qu'il est beaucoup plus léger et d’autre part qu'il ne produit quasiment pas de déchets. Avouons tout de même que nous étions nous-mêmes un peu sceptiques au début. Mais maintenant, nous vous confirmons : cela fonctionne à merveille !
Sous la popote, le réchaud en canette ;
le panneau 18% en arrière plan gauche
Agrémentons le tout de noix de cajou 🙂


© Catherine Bogs
Laureen en train de préparer notre déjeuner
Le Tire-Cul ne devait pas être la dernière aventure de cette journée. Quelques kilomètres plus tard, l'un de nos pneus s'est à nouveau dégonflé. Cette fois, la malchance s’est portée sur Laureen. Son vélo étant assez vieux, la vis qui fixait la roue concernée au vélo et qu'il fallait dévisser pour changer la chambre à air était fortement rouillée. La réponse de Google à la question « dans quel sens faut-il tourner la vis ? » étant « dans le sens des aiguilles d'une montre », nous avons mobilisé toute notre force pour suivre ce conseil.

Malheureusement, aucun de nos outils n'était parfaitement adapté à la taille de la vis. Et donc, à cause du mauvais outil nous semblait-il, la vis ne bougeait pas d’un poil - et nous aussi, par la force des choses.

Pour remédier à cette situation, il ne semblait y avoir qu'une seule et unique solution : trouver un outil adapté. Par chance, la ville la plus proche n'étant pas très éloignée, j'ai donc enfourché mon vélo et je me suis lancé dans ma mission. Dans la petite ville, j’ai rapidement trouvé une gentille dame qui appela aussitôt ses voisins à la rescousse. C'est ainsi que je fis la connaissance de Sylvain, qui me conduisit dans son atelier où je pus me servir et empreinter ses outils. Avec ce que je pensais être mon salut dans ma poche, j'ai pris le chemin du retour.

Un autre cycliste arriva en même temps que moi sur les lieux de l'incident. Il lui a été impossible de ne pas succomber à la tentation de regarder ce spectacle désolant d’impuissance.

Une fois le nouvel outil mis en place, le cycliste nous a assez rapidement donné l'indication très utile que nous tournions la vis dans le mauvais sens. Dès que nous avons privilégié le conseil de l’humain à celui de l'intelligence artificielle, la vis s'est décoincée comme par magie et nous avons pu changer la chambre à air.
Yannick et Charles en train de réparer le vélo de Laureen
© Laureen Vinçonneau
Outre le léger sentiment que nous n’étions peut-être pas digne du baccalauréat que nous possédions tous (note de la traductrice : en Allemagne, c’est beaucoup plus difficile qu’en France d’avoir le bac), cet incident nous a donné deux leçons :
1. Ne jamais croire Google sur parole
2. Tourner les vis dans le sens inverse des aiguilles d'une montre pour les dévisser !

Nous sommes ensuite repassés ensemble chez Sylvain pour lui rendre ses outils. A cette occasion, nous avons également fait connaissance de sa femme, et avons discuté un peu avec eux de notre projet.

Après une petite pause à observer le ruisseau,
on est repartis !
© Laureen Vinçonneau
Le soir, nous étions censés dormir sur le terrain des scouts de Royan. Le responsable local nous avait gentiment autorisés à passer la nuit là-bas. Il nous restait cependant encore une trentaine de kilomètres jusqu’à Royan. La nuit commençait déjà à tomber légèrement. Nous n'avions donc pas de temps à perdre.

Catherine avait déjà informé notre contact à Royan par SMS de notre petite mésaventure et de notre retard probable. Celui-ci nous a ainsi gentiment proposé de passer la nuit dans son jardin plutôt que sur le terrain des scouts. Il habitait sur notre chemin, à une dizaine de kilomètres avant Royan. La décision d'accepter la proposition ne fut donc pas une surprise : et nous voilà donc partis avec une nouvelle destination en ligne de mire.
Lentement, le soleil se couchait. Notre chemin nous a menés sur une route à couper le souffle, directement le long de la côte avant Mescher. C’est au plus tard à ce moment-là, que nous avons eu le sentiment d’être vraiment en voyage.
Yannick devant le coucher du soleil, peu avant Mescher
© Laureen Vinçonneau
Nos tentes tout juste montées
dans le jardin de Lionel et sa famille
© Laureen Vinçonneau
Le rouge de la tombée du soir s’assombri à mesure que nous avancions vers la ville. Finalement, nous ne distinguions le chemin devant nous plus qu’à l’aide des lumières de nos vélos. C'est ainsi que nous sommes finalement arrivés à notre destination, où Lionel nous attendait déjà.

En tant que scout expérimenté, il savait très bien se mettre à notre place et il nous a accueillis très chaleureusement. Il y avait suffisamment de place pour nos tentes dans le jardin et nous avons pu les monter sous le regard curieux, voire un peu jaloux, de sa petite fille. Entre-temps, Lionel nous a également préparé un copieux plat de pâtes pour le dîner. On n'aurait pas pu nous faire un meilleur cadeau à ce moment-là !
Malgré l'heure tardive, Lionel et sa femme nous ont tenu compagnie pendant le repas et nous avons échangé nos points de vue sur la biodiversité et la protection de l'environnement. C'est exactement ce type d'échange que nous espérions avoir durant notre voyage.

Au cours de notre discussion, une question cruciale a été soulevée, à savoir si nous pensions que la lutte pour la protection de notre environnement était déjà perdue. Catherine a donné une réponse très intéressante. Elle jouait beaucoup au basket plus jeune. Elle a gagné des matchs avec son équipe qui semblaient pourtant perdus. Oui, à des moments, on ne s’y attendait plus – et pourtant, une once de volonté et l’espoir de gagner resta toujours à leurs côtés. Et c’est ça qui les a mené vers la victoire.

Personne n’a la réponse à la question si nous allons réussir à ce que notre société dans son ensemble vive dans le respect de la nature. On peut seulement dire par expérience que cela peut vraiment valoir la peine d’essayer.

Inspirés par ces paroles et l'estomac désormais bien rempli, on nous a tendu des coussins en sortant de la maison pour nous abriter dans nos tentes pour la nuit.
Version originale en allemand : écrit par Yannick, relu par Katharina et Catherine

Traduction en version française par Catherine

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