La biodiversité, si importante pour nous

A quoi pensez-vous quand on vous parle de biodiversité ? Peut-être des images de jolis papillons, de fleurs splendides ou de la forêt tropicale vous viennent à l’esprit. Mais ne s’agit-il que de cela ? Qu’est-ce que la biodiversité pour les scientifiques ? Et pourquoi devrions-nous la protéger ? Pourquoi est-elle si importante pour nous nous, humains ? Dans ce premier article nous vous apportons des premiers éléments de réponse.

Définition de la biodiversité

« La biodiversité est la diversité de toutes les formes du vivant. Pour un scientifique, c’est toute la variété du vivant étudiée à trois niveaux : les écosystèmes, les espèces qui composent les écosystèmes et, enfin, les gènes que l’on trouve dans chaque espèce. » (Wilson, E.O., 1988).

La biodiversité s’exprime donc à 3 niveaux :

  • La diversité écosystémique (les différents milieux naturels avec l’interconnexion entre les vivants et le non-vivant)
  • La diversité spécifique (des espèces)
  • La diversité génétique

Si cela peut vous paraître évident, cela ne l’est pas pour autant depuis longtemps ! Le concept n’apparait que dans les années 1980.

Ce n’est seulement qu’en 1992, lors du Sommet de la Terre à Rio de Janeiro (Brésil) que l’on reconnait l’importance de la conservation de la biodiversité pour l’ensemble de l’humanité. Cette importance est inscrite dans la Convention sur la diversité biologique (Convention of Biological Diversity, https://www.cbd.int/).

Pourquoi la biodiversité est-elle si importante ?

Il y a deux raisons principales pour l’importance de la diversité du vivant. La résilience qu’elle nous offre et les services écosystémiques.

La résilience : notre capacité d'adaptation

Plus la diversité biologique est grande, plus le vivant est en mesure de « prendre des coups » et de s’adapter (plutôt que de mourir). Par conséquent, en détruisant le vivant, nous détruisons notre capacité d’adaptation face à des menaces comme le réchauffement climatique notamment.

 

La biodiversité est donc une garantie à notre capacité d’adaptation. On parle aussi de résilience.

Les services écosystémiques

Par ailleurs, les écosystèmes nous apportent un grand nombre de services, que l’on appelle les services écosystémiques (pour aller plus loin : Intergovernmental Science-Policy Platform on Biodiversity and Ecosystem Services : https://ipbes.net/).

Le vivant nous procure plusieurs types de services écosystémiques.

Services de support (Fonctions et processus écologiques de base) :

  • Production primaire (photosynthèse/biomasse des plantes)
  • Cycle de l’eau
  • Formation et rétention (en eau, en nutriments) des sols

Services de régulation (Bénéfices directs) :

  • Régulation du climat (stockage du CO2 , influence des forêts sur les précipitations et la disponibilité en eau localement / régionalement)
  • Maintien de la qualité de l’air (purification, dépollution de l’air par les arbres ou les mousses)
  • Pollinisation
  • Régulation des maladies humaines

Services culturels et sociaux (Bénéfices non matériels) :

  • Education
  • Esthétisme
  • Loisir et tourisme
  • Lien social
  • Spirituel

La combinaison de nombreux services écosystémiques nous rend des services d’approvisionnement, qui nous permettent d’obtenir des biens commercialisables :

  • Nourriture
  • Combustibles et construction (bois, fibres)
  • Plantes médicinales

 

Tous ces services écosystémiques peuvent se traduire par une valeur monétaire.

 

Combien d’argent tel ou tel service permet-il d’engendrer économiquement ?

 

Ou bien, combien d’argent peut-il être économisé par le service rendu par l’écosystème ?

 

En effet, certains services pourraient être réalisés par des technologies humaines, comme pour la filtration et la purification de l’eau pour la rendre potable. Mais la construction et le fonctionnement de ces technologies ont un coût.

 

Les forêts ou autres écosystèmes (en bonne santé!) eux, le font gratuitement. Et en plus, le résultat est de bien meilleure qualité si on laisse la nature (en bon état) le faire pour nous !

Nous sommes la nature !

Vouloir protéger la biodiversité pour que notre société soit plus résiliente et pour tous les services écosystémiques qu’elle nous rend, c’est bien. C’est vouloir la protéger pour sa valeur d’usage (ou instrumentale), parce que nous y trouvons un intérêt.

 

 

Mais prenons conscience que c’est une approche très consumériste de la nature.

 

 

Or, la nature ne nous appartient pas. Elle n’est pas « à notre service », car ce n’est ni notre « esclave », ni une entreprise nous proposant un produit ou un service de laquelle nous serions client.e.s.

 

 

Se pose alors la question, si nous ne devrions pas aussi protéger la biodiversité simplement pour ce qu’elle est. Donc pour ce qu’on appelle sa valeur intrinsèque. Une valeur qui est indépendante de notre intérêt. Nous pouvons aussi dire que la nature a une « valeur d’existence » qui lui est propre. Celle-ci peut être évaluée au regard de nos considérations morales, éthiques, déonthologiques et culturelles. Mais là, on pars dans des questions d’éthique environnementale.

 

Ce qui est sûr :

Nous ne pouvons vivre sans la nature, car nous sommes la nature : nous faisons partie de cet écosystème !

Take home messages

                1. La biodiversité s’exprime à trois niveaux : la diversité écosystémique, spécifique et génétique.
                2. Le maintien de la biodiversité est la garantie de notre capacité d’adaptation, de notre résilience.
                3. La biodiversité nous rend des services écosystémiques.
                4. Nous ne sommes pas clients de la nature : nous faisons partie de l’écosystème.
                5. La biodiversité devrait également être protégée simplement pour ce qu’elle est.

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